La Pivoine

La Pivoine

La culture de la pivoine est encore dans l’esprit de nos anciens étroitement liée à la commune de Groslay.
La culture de la pivoine est arrivée à Groslay dans les années 1927-1928, venue tout droit de Montreuil sous Bois, déjà célèbre pour ses murs à pêches.
D’abord terre de vignes, Groslay devient à la fin du 18ème siècle  pays d’arboriculture pour faire face à la baisse du prix du vin, consécutive à l’arrivée du “chemin de fer”, et surtout à l’épidémie de phylloxera.

En 1900, 80 hectares de poiriers soit 100 000 arbres sont déjà plantés puis suivent pommiers, cerisiers, pruniers.
Pour rentabiliser la terre et occuper la saison creuse, les arboriculteurs ont l’idée de planter des cultures d’appoint : lys, rhubarbe et Pivoines.
Les pivoines étaient à l’origine plantées entre les rangs de poiriers et de pommiers : il n’y avait alors qu’une ou deux variétés. Puis peu à peu, des champs complets ont été plantés en pivoines et les variétés se sont multipliées, de la “hâtive”, celle qui fleurit au mois de mai  à la “tardive”.

Il y a 20 ans Groslay et sa région étaient les seuls endroits en France où l’on produisait des pivoines en fleurs coupées en grande quantité.
Ainsi on trouvait à Groslay :

  • la  pivoine dite “pavot” grenat, cerise et rose pâle, non odorante, dite “hâtive” parce qu’elle fleurissait la première.
  • la “pêcher” , rose pâle, odorante appelée aussi “Noémi Demay”, qui éclot entre le pavot et l’amabilis,
  • “l’amabilis”, de couleur rose
  • la “Goutte de sang” dite “Festiva”, belle pivoine blanche parsemée de touches pourpres.


Les pivoines odorantes, “les tardives” requéraient un peu plus de travail ; lorsque les tiges avaient atteint une hauteur normale (60 à 70 cm) et que les boutons étaient formés, il fallait les “pincer” ou les “bourgeonner”, c’est à dire ne laisser que le bouton supérieur et couper les autres afin que chaque tige ne produise qu’une seule grosse fleur.

Si la culture de la pivoine est simple et peu outillée, la période de coupe était loin d’être reposante. La cueillette n’était pas mécanisée ; chaque fleur était coupée à la main avec une serpette. Il fallait toujours couper au dessus de la première feuille en partant du bas,  sinon le pied ne produisait plus.
Il fallait aussi choisir le bon moment le bouton ne devait pas être trop vert et la couleur de la fleur devait être visible pour que la fleur se conserve.
 
Une fois les pivoines coupées, il fallait les botteler, c’est à dire lier les fleurs en bottes.
Le travail consistait à trier les pivoines selon la grosseur du bouton, sa dureté, son niveau d’épanouissement, la hauteur la tige pour composer des bottes qui
soient homogènes.

Avant la guerre, les pivoines étaient vendues en bottes de 6x5 bottillons, c’est à dire 30 fleurs. Elles sont aujourd’hui vendues en bottes de 4X5, c’est à dire 20 fleurs, comme les roses !
Le bottelage se faisait grâce à une botteleuse, appelée aussi un berceau.
Certaines ressemblaient à un botteloir qui sert à botteler les asperges. Autrefois, on utilisait davantage le chevalet qui sert à scier les bûches.

Les pivoines étaient tenues entre elles par de l’osier, que l’on trouvait à l’époque près du ru du Haras qui traverse Groslay du nord au sud.

Les bottes étaient ensuite posées à la verticale, pour préserver les boutons durant le transport, dans de grands paniers en osier, aujourd’hui remplacés le plus souvent par des paniers en plastiques. Ces paniers en osier étaient fabriqués par les vanniers de Groslay et de Deuil.

Les producteurs de pivoines vendaient soit directement leurs pivoines à Paris aux Halles soit les vendaient à un “approvisionneur”, habitant Groslay et qui jouait le rôle d’intermédiaire.
Il y avait 6 approvisionneurs qui passaient d’une exploitation à l’autre pour prendre les pivoines.
Parfois les producteurs leur apportaient directement les fleurs dans les grands paniers en osier posés sur des charrettes à bras, fabriquées par le charron de Groslay.

Aux Halles, certains producteurs s’installaient sur le “carreau”, à l’extérieur du hangar. D’autres avaient une place à l’intérieur avec les producteurs de fleurs parisiennes.
Ils étaient jusqu’à 30 pivoiniers de la région de Groslay il y a 20 ans.

Les champs de pivoines ont peu à peu disparu à Groslay mais la commune souhaite en conserver le témoignage et la mémoire en replantant des pivoines dans ses espaces verts, parcs et jardins.

Bientôt des travaux de réaménagement seront effectués par les services techniques afin d’améliorer la perspective de sur le parc.
De magnifiques Pivoines remplaceront la haie du fond qui cache actuellement la vue du parc coté rue des Ouches.

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